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On a classé (objectivement) les plus gros gâchis du foot

Publié le

par Tidiany M'Bo

Ben Arfa, Ménez, Balotelli… Malgré un début de carrière prometteur et un talent brut, ils n’ont pas réussi à tenir les promesses entrevues.

On a classé (objectivement) les plus gros gâchis du foot

Photo by liewig christian/Corbis via Getty Images

Au départ, ça commence très souvent par : “Non mais tu vas voir, lui, c’est une pépite.” Une domination en catégories de jeunes qui précède une arrivée souvent précoce en équipe première, où les louanges fusent en même temps que les premiers coups d’éclat. Une réputation qui grandit très vite. Un talent reconnu de façon quasi unanime. Un chemin tout tracé. Avant de finir par rentrer dans le rang quand ce n’est pas disparaître complètement.

Ces joueurs au talent gâché, plus communément appelés “comètes” (car aussi scintillants et éphémères qu’une étoile filante), suscitent le clivage. Aussi victimes (de la concurrence acharnée du milieu du foot, d’une blessure, ou encore de la pression médiatique et populaire) que coupables (de choix de carrière douteux, ou d’être parfois en décalage avec l’exigence du sport de très haut niveau), les plus gros gâchis du foot nous rappellent combien le talent n’est pas un argument qui se suffit à lui-même pour mener une carrière à la hauteur des promesses initiales. Et parce qu’on a tous un jour été déçus par la trajectoire prise par l’un d’entre eux, ça valait le coup de se faire un petit classement de ces déceptions.

#6. Giannelli Imbula

Fraîchement élu meilleur joueur de Ligue 2 avec Guingamp en 2013, Imbula débarque à Marseille à l’âge de 20 ans avec l’étiquette de joueur prometteur. Une réputation qu’il va d’abord honorer, en s’installant comme un élément-clé du milieu marseillais, notamment lors de sa 2e saison sous les ordres de Marcelo Bielsa. Mais son départ surprise pour Porto en 2015 sonne le début de la descente aux enfers pour le joueur. Sous l’influence d’un entourage peu inspiré, celui qui sera bientôt rebaptisé “Imboulard” quitte le Portugal après six petits mois en demi-teinte avec les Dragons, pour rejoindre la Premier League et Stoke City, où il se perd avant d’enchaîner les prêts à Toulouse, au Rayo Vallecano, à Lecce, puis d’être vendu à Sotchi. À 29 ans, il évolue aujourd’hui sous les couleurs de Portimonense, au Portugal, loin, très loin de ses objectifs initiaux.

#5. Freddy Adu

Combien de joueurs peuvent se vanter d’avoir été adoubés par le roi Pelé en personne ? L’Américain d’origine ghanéenne avait réussi une arrivée tonitruante dans le paysage footballistique mondial en étant le plus jeune sportif à signer un contrat professionnel aux États-Unis après ses débuts à 14 ans sous les couleurs de D.C. United. Mais lorsqu’il tente sa chance en Europe, les choses se gâtent. Après trois ans à Benfica où il ne prend part qu’à une vingtaine de matches, Adu est prêté à Monaco. Puis Belenenses. Puis l’Aris Salonique. Puis Rizespor. Pas besoin de continuer l’énumération pour comprendre que le phénomène prend du plomb dans l’aile, année après année, jusqu’à se retrouver aujourd’hui, à 32 ans, sans club, après une ultime expérience manquée en 3e division suédoise. Neuf pays, quinze clubs : finalement, Adu aura plus connu une carrière de globe-trotteur que de footballeur.

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#4. Jérémy Ménez

Membre de la fameuse génération 1987 des Nasri, Benzema et Ben Arfa, le natif du Val-de-Marne a vécu une carrière en deux temps. Une première moitié qui confirme son talent précoce, avec des qualités de vitesse et de dribble qui lui ont ouvert les portes de Monaco, de l’AS Rome puis du PSG version QSI. Mais après un passage à Milan qui laisse penser qu’il peut à nouveau faire redécoller sa carrière, c’est l’écran noir ou presque. Bordeaux, Antalyaspor, puis une expérience ratée au Mexique, avant de revenir en Ligue 2, au Paris FC, confirment la fin des illusions pour Ménez. Il évolue depuis deux ans à la Reggina, en Serie B.

#3. Yoann Gourcuff

Là où d’autres ont péché par désinvolture ou dans leurs choix de carrière, Gourcuff laisse aux observateurs du foot un goût un peu plus amer, quand ce n’est pas une totale incompréhension. Et pour cause, le Breton a tutoyé les sommets, en club (meilleur joueur de Ligue 1 et champion de France avec Bordeaux en 2009) et même en sélection, où son profil semblait lui destiner une place au chaud au sein de la génération post-2006. Mais la faute à un physique défaillant et une psychologie pas forcément taillée pour l’exigence impitoyable du haut niveau, Gourcuff n’assumera pas toutes ces belles promesses. Son transfert record à Lyon est un échec, et derrière, ses expériences à Rennes puis Dijon entraîneront son déclin jusqu’à la fin de sa carrière, à tout juste 33 ans.

#2. Mario Balotelli

“Il n’a jamais joué ne serait-ce qu’à 10 % de ses capacités.” Et pourtant, même si Samuel Eto’o a probablement raison lorsque la Gazzetta dello Sport lui demande d’évoquer Mario Balotelli en 2019, la carrière de l’enfant terrible du foot italien lui aura permis de longtemps fréquenter le top niveau européen. Les grands matches de Coupe d’Europe, les grands tournois avec sa sélection, il en a connu. Les coups d’éclat, il y en a eu. Mais c’est parce que son immense potentiel physique et technique n’a pas été exploité que Balotelli figure parmi les plus gros gâchis du foot. À faire l’actualité pour ses facéties autant que ses exploits sur le terrain, Super Mario a fini par se perdre. Son hygiène de vie, son instabilité et l’influence de son agent Mino Raiola l’ont fait dériver vers une forme d’autodestruction. Et aujourd’hui, il doit se contenter de Demirspor, en Turquie, après avoir porté les couleurs de Brescia puis Monza. Loin de l’Inter, de Manchester City ou de Liverpool…

#1. Hatem Ben Arfa

Si HBA figure aussi haut dans ce classement des talents gâchés, c’est parce qu’à l’heure où nous parlons, le natif de Clamart arrive encore à donner l’illusion à une frange de ses suiveurs qu’il est un joueur hors du commun. Sauf qu’en plus de 10 ans de carrière, et en dépit d’un talent aussi rare qu’incontestable, Ben Arfa n’aura jamais su façonner sa mentalité pour le très haut niveau. En cause : le travail à l’entraînement et l’aspect relationnel, avec la hiérarchie, notamment, qui l’auront empêché de se fondre dans un quelconque projet sportif, hormis une incroyable saison 2015-2016 avec Nice. Ben Arfa, c’est l’éternel espoir du foot, celui dont le talent plus que les performances aura suscité le fantasme de toute une génération.

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